Le doctorat d’Arash Derambarsh, qui lui a permis de devenir avocat, lui a été retiré par la section disciplinaire de l’établissement. Une série de dysfonctionnements ont été mis au jour.

Par Yann Bouchez et Camille Stromboni Publié le 27 juillet 2020 à 00h14 – Mis à jour le 28 juillet 2020 à 10h55

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Le sujet devrait faire grand bruit dans le monde universitaire, et au-delà. Une thèse de droit, soutenue et validée dans la prestigieuse Sorbonne, a-t-elle été entachée de nombreux et massifs copier-coller, constituant ainsi un plagiat ? La section disciplinaire du conseil académique de l’université Paris-I – Panthéon-Sorbonne a tranché en ce sens, dans une décision en date du mardi 21 juillet, que Le Monde a pu consulter.

A l’issue d’une enquête approfondie résumée en 40 pages, la section retire à Arash Derambarsh son diplôme obtenu en 2015, une « passerelle » qui lui avait permis de devenir avocat. L’instance universitaire décide de « l’annulation de l’épreuve de soutenance de la thèse concernée », « ce qui implique, de facto, le retrait du diplôme de doctorat en droit ».

Estimant que le plagiat est établi, et que la fraude a pour « fait aggravant » le refus de l’intéressé de la reconnaître, ainsi que la « production de versions falsifiées de la thèse devant la section disciplinaire », celle-ci prononce également, à la majorité absolue, une exclusion définitive de l’auteur de tout établissement public d’enseignement supérieur.

Coups de communication

Personnalité médiatique, Arash Derambarsh est élu (divers droite) à Courbevoie (Hauts-de-Seine) depuis 2014 ; il est désormais adjoint chargé du développement durable. Auteur d’un ouvrage Tomber 9 fois, se relever 10. Echec scolaire : ne jamais lâcher (Le Cherche Midi, 2019), il s’est fait connaître notamment par sa lutte contre le gaspillage alimentaire, ou encore grâce à des coups de communication, comme lorsqu’il s’est présenté en tant que président de Facebook France.

Lire aussi Arash Derambarsh, l’« hyperactiviste » contre le gaspillage alimentaire

Depuis plusieurs mois, les débats autour de sa thèse intitulée « Fichiers de police, un encadrement légal et sociétal dans un environnement controversé », soutenue le 11 décembre 2015, ont alimenté les réseaux sociaux. En février, un compte Twitter anonyme, « Thèse et synthèse », a dénoncé de larges emprunts non cités dans la thèse de M. Derambarsh, longue de près de 500 pages, et estimé que 92 % de celle-ci – hors annexes et bibliographie – relevait de simples copier-coller.

Le constat de la section disciplinaire est sans appel. « Depuis son introduction (…) jusqu’à sa conclusion (…), en passant par ses notes, ses annexes, sa bibliographie, le manuscrit de thèse de M. Derambarsh est quasi intégralement composé d’un assemblage de textes, produits dans un contexte académique ou publiés par d’autres auteurs que lui-même, et recopiés selon un ou plusieurs des procédés plagiaires visant à faire accroire au lecteur que M. Derambarsh en est l’auteur », écrit l’instance.

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