John Carlos avait été exclu en 1968 après avoir levé le poing, sur le podium des JO, contre la ségrégation raciale. Le Comité international olympique interdit aux athlètes de manifester leurs opinions politiques ou religieuses pendant les Jeux.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 01h01, mis à jour à 09h43

Temps de Lecture 1 min.

John Carlos poing levé à San José (Californie), le 17 octobre 2018, pour célébrer les 50 ans de son geste symbolique effectué aux Jeux olympiques de Mexico.

Plus de cinquante ans après, l’image reste fondamentalement ancrée dans l’imaginaire collectif des Jeux olympiques – et bien plus encore. Le 16 octobre 1968, les Américains Tommie Smith et John Carlos lèvent leur poing ganté, sur le podium du 200 m des Jeux de Mexico, en signe de lutte contre la ségrégation raciale, un geste qui leur vaudra l’exclusion – mais pas le retrait de leurs médailles.

Fort de cette notoriété mondiale et de la résonance de son engagement, John Carlos a rejoint des sportifs américains pour appeler le Comité international olympique (CIO) à supprimer les règles interdisant aux athlètes de manifester leurs opinions politiques, religieuses ou ethniques pendant les Jeux.

Tommie Smith (médaille d’or, au centre) et John Carlos (médaille de bronze), le poing ganté levé sur le podium du 200 m des Jeux olympiques, à Mexico, le 16 octobre 1968.

« Les athlètes ne seront pas réduits au silence plus longtemps », a écrit, samedi 27 juin, le conseil des athlètes du Comité olympique et paralympique des Etats-Unis (USOPC), auquel s’est donc associé John Carlos.

« Carlos et Smith ont tout risqué pour défendre les droits humains et leurs convictions, et ils continuent à inspirer chaque génération. Il est temps que les mouvements olympique et paralympique honorent leur courage plutôt que de dénoncer leurs actes », ont exhorté les signataires.

Les règles actuelles du CIO interdisent toute « manifestation ou propagande politique, religieuse ou ethnique » aux Jeux.

« Les Comités internationaux olympique et paralympique ne peuvent continuer à punir ou écarter les athlètes qui prennent la parole pour défendre ce en quoi ils croient, en particulier quand ces convictions incarnent les objectifs de l’olympisme », est-il encore affirmé.

En conséquence, l’USOPC appelle les instances sportives à une « collaboration transparente » avec les athlètes et les groupes d’athlètes.

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Deux athlètes sanctionnés en 2019

La missive de samedi a été envoyée dans un contexte brûlant de protestations, aux Etats-Unis et dans le monde, contre les injustices sociales après la mort tragique de George Floyd, il y a un mois à Minneapolis (Minnesota), lors d’une interpellation policière.

Le 9 juin, l’USOPC a annoncé qu’il contesterait les règles interdisant aux athlètes de manifester politiquement aux Jeux olympiques, après avoir entendu les témoignages de dizaines d’entre eux et leurs propositions pour lutter contre le racisme.

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En 2019, la lanceuse de marteau Gwen Berry et l’escrimeur Race Imboden avaient encore été sanctionnés par l’USOPC après avoir protesté contre l’injustice raciale lors des Jeux panaméricains de Lima.

Le Monde avec AFP

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